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4 décembre 2015

Critique #4 : Tous nos jours parfaits — Un roman intrigant


Tous nos jours parfaits

JENNIFER NIVEN

Gallimard Jeunesse, 17 septembre 2015

Amazon / Booknode


Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la "bête curieuse" de l'école. Il oscille entre les périodes d'accablement, dominées par des idées morbides et les phases "d'éveil" où il déborde d'énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s'est isolée et s'est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c'est le début d'une histoire d'amour bouleversante : l'histoire d'une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.




D’ordinaire, je ne suis pas spécialement attirée par ce genre de roman, plutôt difficile. J’en lis d’ailleurs très peu, peut-être un par an, ou grand maximum deux. Et c’est toujours en lisant les critiques que je finis par me décider, mais pour celui-là, j’ai longtemps hésité. Au final, je l’ai lu peu de temps après sa sortie française, mais il m’a fallu encore un long moment pour organiser mes pensées et écrire une critique juste.

Tout d’abord, il y a quelque chose dans le style qui m’a laissée perplexe, j’ai eu beaucoup de mal à m’y mettre vraiment. Ce n’est pas que ce soit mal écrit, mais les phases avec Finch ne sont pas faciles à aborder et ça m’a en quelque sorte coupé l’immersion.
Sans quoi c’était une bonne idée d’alterner la narration entre Violet et Finch pour rythmer le récit, même si les deux personnages ne se valent pas, selon moi.

Violet est une jeune fille on ne peut plus banale, qui rumine sa peine depuis la mort de sa sœur. Elle respire, mange et dort mais il ne faut pas lui en demander plus. Elle est têtue, une vraie tête à claque même, mais elle n’en reste pas moins attachante de par sa situation de deuil. Je crois pouvoir dire qu’on a tous (ou presque) rencontré une « Violet » un jour.
Pour Finch, c’est plus compliqué. Au premier abord, il m’a tout de suite plu. Un poil fou, excité, généreux, suicidaire, drôle, dragueur… et complètement bipolaire. Et dans le sens handicapant du terme. Mais en creusant un peu, je me suis rendu compte qu’il vivait dans un monde de préjugés et d’étiquettes, c’est même une excuse qu’il sort tout le temps, et c’est devenu lassant à la longue. C’est vraiment dommage d’avoir ce personnage si riche, en être réduit à ça. C’est trop gros pour moi, trop cliché. On le traite de fou à cause de ses troubles, alors quoi ? Il devient fou ? C’est trop facile, et manque de réalisme.

Pour autant, leur histoire d’amour est belle, pas incroyable, pas sensationnelle, mais belle, tout en classique. Et si on enlève les troubles de Finch et le deuil insurmontable de Violet, c’est une histoire d’amour banale, sans grand intérêt, mais mignonne. En fait, j’imagine que l’intérêt réside surtout dans le fait que cette histoire d’amour n’aurait jamais existé si les deux facteurs clés (cités en début de paragraphe) n’avaient pas été réunis. Quand même…
J’ai eu l’impression de lire un mille feuilles de « circonstances atténuantes » un poil invraisemblable et c’est sans doute pour ça que l’immersion ne s’est pas faite.

Un autre point dérangeant : les nombreuses références littéraires et cinématographiques. J’ai cru que c’était parce que ces références étaient plus pertinentes aux yeux d’un adolescent américain, question de programme… Mais pas du tout, je me suis aperçue que certains lecteurs américains avaient le même souci.
Ces références sont très nombreuses et c’est difficile de suivre la lecture.

In fine, j’ai un vrai problème avec la fin. Je trouve qu’elle n’apporte rien, par rapport au discours du roman. C’est une fin pertinente, c’est vrai, mais incomplète à mon goût, elle ne fait pas le job, du moins, qu’à 50%.



— Une belle histoire d’amour.

— Le personnage de Violet, plus attachante et plus vraisemblable que Finch.

— Les troubles bipolaires au grand jour.

— Le style parfois déroutant.

— Finch : une superposition de clichés, peu réaliste.

— La surabondance de références.

— La fin.


Je m’attendais à une lecture difficile et je n’ai pas été déçue sur ce point. Mais pour le reste, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au récit et aux personnages, en particulier celui de Finch. L’intrigue est prévisible, manque d’originalité et s’avère même décevante à la fin. C’est vrai que c’est une histoire d’amour bouleversante, mais c’est trop peu par rapport aux thèmes soulevés. J’attendais plus.



Ni chaud, ni froid.

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