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2 janvier 2016

Critique #17 : La fuite — Eve in Wonderland


La fuite
(La vie rêvée d'Ève #1)

ANNA CAREY

Pocket Jeunesse, 21 mai 2015

Amazon / Booknode


USA 2032.
Seize ans après qu'un virus mortel a décimé la Terre, hommes et femmes vivent séparés. Ève, 18 ans, n'a jamais quitté l'enceinte de son école. Elle pense qu'un avenir radieux l'attend, jusqu'à ce qu'elle découvre la terrible vérité : les jeunes diplômées sont enfermées dans une clinique où elles enchaînent les maternités pour repeupler le monde dévasté. Horrifiée, Ève s'enfuit.
Commence alors un voyage solitaire et périlleux à travers la Zone, où elle doit éviter les chiens sauvages et les hommes qui la terrifient. Jusqu'au jour où elle rencontre Caleb, un jeune rebelle qui gagne peu à peu sa confiance... puis son coeur. Mais dans ce monde ravagé, l'amour est un luxe qu'Ève ne peut se permettre. Sauf à le payer très cher.




« La vie rêvée d’Ève » a attiré mon attention il y a plusieurs années, lors de la sortie du second tome en VO. À l’époque, j’avais investi dans l’ebook mais je ne l’avais pas fini car c’était en pleine période d’examen, j’étais royalement débordée et faute de temps, j’ai fini par le laisser tomber. Du coup, je me suis rattrapée lors de sa sortie en France (ENFIN !) et j’ai acheté le premier tome en librairie.

À première vue, il s’agit là d’une dystopie assez classique qui respecte les codes habituels du genre. Une gentille héroïne, un monde ravagé et une réalité qui paraît trop sordide pour être vraie. J’ai tout de suite retrouvé des éléments d’ambiance que j’avais déjà lus quelque part, notamment dans « Delirium », « The Book of Ivy » ou encore « Promise ».

Ève est une héroïne comme on en voit souvent : mignonne, gentille, intelligente, persuadée de faire le bien et diablement naïve. Sa naïveté vient surtout du fait qu’elle a été parfaitement endoctrinée depuis son plus jeune âge. Tout ce qu’elle connait n’est autre que notre réalité, mais complètement déformée. Et quand je dis « déformée », je pèse mes mots. Toute notre culture a été totalement réinterprétée pour correspondre au message inculqué par le gouvernement. C’est vraiment très malin et ça marche à merveille, il n’y a qu’à voir le résultat sur Ève et ses amies.
Ça m’a fait penser à ces jeunes gens endoctrinés dans des sectes.
C’est terrifiant.
Au cours de ses aventures, Ève va commettre pas mal d’impairs, aux conséquences parfois tragiques, et va donc devoir en subir les conséquences. Finies les nuits de sommeil sans cauchemars, et adieu à cette vision du monde manichéenne.
Avec elle, on retrouve Arden. Une jeune fille stupide, pas franchement attachante et qui s’avère être encore plus naïve qu’Ève, mais d’une autre façon. Quoi qu’il en soit, elle sert plus d’excuse qu’à autre chose et je pense que son rôle est évidemment amené à évoluer avec le reste de la série.
Et il y a Caleb (Vous ne trouvez pas que ce prénom est devenu tendance ?). Caleb le sauvageon, le beau, le séduisant, le merveilleux, et surtout l’homme, le MAL. Il y a un peu moins de travail autour de ce jeune homme mais il a une bonne excuse, il a eu une vie bien moins tendre que celle d’Ève et ça fait longtemps qu’il ne s’endort plus en rêvant de meilleurs lendemains.
C’est trois-là sont véritablement la base du roman et je dois dire que ça me va. Ce n’est pas incroyable, mais c’est pertinent et cohérent, et puis ça vient remettre en place quelques idées préconçues.

Le style du roman est simpliste, première personne, narration au passé. Il n’y a pas vraiment de suspense, seulement quelques petites explications et révélations mais c’était, selon moi, suffisant pour entretenir l’intérêt. Tout du moins, le mien !
Enfin, au sujet du contexte, là encore, ce n’est pas d’une grande originalité mais ça se tient, ça donne envie d’en savoir plus, tant sur les origines que sur l’organisation actuelle. C’est bien écrit, cohérent et ça fonctionne.



— Ève est attachante, vraiment.

— Une dystopie bien construite et cohérente.

— Une belle histoire d’amour, sans fioritures et efficace.

— Je sais que je suis surement en train de tirer la charrue avant les bœufs, mais tant pis : pour le moment, il n’y a pas de triangle amoureux. Chouette, non ?

— Un style qui peut être jugé trop classique.


J’ai été très surprise de lire des avis très négatifs sur cette saga, surtout sur l’héroïne, qui serait trop naïve, et dont l’instinct de survie serait un peu long à se déclencher. Mais j’ai trouvé ça, au contraire, très réaliste. Pour une fois, on a une héroïne qui ne naît pas avec toutes les qualités de Rambo. Ève est fragile, sensible ET manipulée. On ne remet pas aussi facilement ses croyances en question après douze ans de lavage de cerveau, c’est humain. Elle est HUMAINE, elle fait des conneries, passez-moi le terme, et elle en fera surement encore quelques-unes. Et je l’apprécie beaucoup pour ça.
Du reste, c’est une histoire sans grande originalité (pour le moment, qui sait ?) mais bien écrite et addictive. Il manque un petit quelque chose pour en faire un coup de cœur, mais j’ai très envie de lire la suite et je n’attendrais probablement pas la sortie VF. :-)



Classique mais efficace



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