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31 janvier 2016

Critique #28 : La loi du dôme — Imaginez un monde où vous devez payez l'oxygène que vous respirez...


La loi du dôme
(La loi du dôme #1)

SARAH CROSSAN

Bayard, 13 janvier 2016

Amazon / Booknode


Dans un monde privé d'air, la vie ne tient plus qu'à un souffle.
Alina, Quinn et Bea sont prêts à se battre pour gagner le droit de respirer librement... Les arbres ont été éliminés de la terre et l'oxygène s'est raréfié, provoquant des millions de morts... Les survivants ont été rassemblés sous le Dôme, sorte de bulle protectrice où un nouvel ordre s'est constitué autour d'un Etat totalitaire et d'une société, Respirer Inc. qui contrôle l'air que les habitants respirent.
Tout en haut de l'échelle sociale, se trouvent les Premiums. Riches et en bonne santé, ils méprisent les Auxiliaires, trop pauvres pour payer un impôt sur l'oxygène et donc contraints de survivre avec le peu d'air qu'ils respirent...
Alina, 16 ans, qui a rejoint la Résistance, a échoué dans sa mission à l'intérieur du Dôme. Elle est en danger et doit fuir, à l'extérieur. Elle rencontre alors Quinn, un jeune Premium et sa meilleure amie Bea, une Auxiliaire, partis camper hors du Dôme, et leur demande de l'aide...




« La loi du dôme » est un livre qui traîne depuis longtemps dans ma PAL en VO, depuis une éternité même. Sans rire, il me faudrait deux vies pour commencer à vider cette PAL. J’avais complètement oublié ce Breathe (Titre VO) mais je compte bien me rattraper maintenant. J’ai sauté sur l’occasion quand je l’ai vu en librairie en allant acheter « Forget Tomorrow » et je me suis dit que ce serait agréable de le lire en français. J’aime lire en anglais, mais c’est vrai que, quand je peux m’offrir la VF, je le fais, pour éviter de jongler entre deux styles, à cause de la traduction.

Le début a été un peu déroutant pour moi, on suit trois personnages, rien que ça, à chaque fois à la première personne et au présent, pour un récit résolument tourné vers l’action. J’ai l’habitude de lire des romans à deux voix, mais j’admets qu’avec une voix en plus, c’est plus compliqué de sauter dans le train en marche. Heureusement, mon petit malaise s’est très vite estompé car les explications ne manquent pas et elles sont distillées avec soin.

Notre trio de base est donc composé de trois adolescents (16 ans) ; deux filles et un garçon. Déjà ça c’est agréable, j’ai plus souvent l’habitude d’avoir deux garçons et une fille, mais en inversant le schéma, ça donne lieu à des situations différentes et comiques.
Je commence par Alina, qui est celle qui m’a tout de suite plu. C’est clairement la dominante, un pied dans la Résistance, Auxiliaire, du genre sévère et exigeante, mais qui n’a pas encore atteint le niveau d’entraînement des autres membres. Néanmoins, j’ai aimé son caractère imposant et sa façon de voir les choses, de se remettre en question au besoin.
Ensuite vient Béa, une jeune Auxiliaire promise à de brillantes études même si son statut la bride indéniablement. Elle est pauvre, n’a pas de quoi s’offrir l’oxygène dont elle aurait besoin pour vivre pleinement mais elle ne sent plaint pas. Elle est vraiment naïve au départ, et follement amoureuse de Quinn, et si elle s’embarque dans l’aventure, c’est essentiellement pour rester à ses côtés. Mais au fur et à mesure que les catastrophes s’enchaînent, elle se distingue du jeune homme et adopte ses propres opinions, elle prend un vrai coup de pied aux fesses et commence à penser comme une résistante. C’était très agréable de voir le changement s’opérer.
Et on finit par Quinn, le winner, le beau gosse dont le père est directement lié au Premier Ministre. Un Prémium, évidemment, qui possède tout l’oxygène dont il peut avoir besoin et même au-delà, dont l’avenir est déjà tout tracé. Celui-là, c’est le plus naïf et le plus irritant de trois. J’ai eu beaucoup de mal sur lui, il est trop imbu de sa personne et trop égoïste. Heureusement, lui aussi se prend un gros coup de pied aux fesses, et vraiment pas des moindres, et il finit par évoluer, ça prend du temps, c’est douloureux, mais ça arrive et il devient plus attachant, plus adulte.
Il y a quelques personnages secondaires, comme Silas, le cousin d’Alina, ou encore Pétra, le leader de la Résistance, le Premier Ministre en personne, les parents respectifs et Béa et de Quinn, etc. Tous jouent un rôle important à leur manière et alimentent cette gigantesque mascarade mais j’ai trouvé ça bien fichu et j’ai totalement adhéré.

Penchons-nous un peu sur cette histoire. Le dôme en question est séparée en caste, Les Premiums disposent d’assez d’oxygène pour faire péter la planète toute entière, alors que les Auxiliaires, ont tout juste de quoi s’alimenter et doivent s’attacher la nuit pour éviter de bouger et de devoir payer la surconsommation d’oxygène. C’est cruel et barbare mais le système est bien ficelé et les gens, endoctrinés.
Il faut un peu de temps pour comprendre les tenants et les aboutissants d’une telle société mais quand le pot-aux-roses est dévoilé, ça devient haletant, dans tous les sens du terme. Nos trois héros se retrouvent mêlés dans un combat qu’ils ont initié et devront choisir leur camp, et ça ne va pas être facile, croyez-moi.
J’ai beaucoup aimé la dynamique du roman, bien rythmé et j’ai avalé chapitre sur chapitre avec plaisir. Il y a peu de suspense et c’est dommage, en même temps, il reste toujours des questions sans réponses à la fin, comme une promesse pour le deuxième tome.



— Les trois personnages principaux ; Quinn, Alina et Béa, qui portent vraiment le roman.

— Un contexte dur et réaliste, bien décrit et cohérent.

— Les thèmes abordés : Jeu de pouvoir, trahison, manipulation, opulence, amour…

— Diptyque, pour ne rien gâcher.

— Il a fallu quatre ans pour voir arriver le premier tome en français...


En voilà une vraie surprise.
Je m’attendais à ce que l’histoire parte plus sur du survival mais elle cache bien son jeu et je me suis retrouvée impliquée dans un gigantesque complot dans lequel j’avais d’ores et déjà choisi mon camp. C’était génial ; un savoureux mélange de thèmes d’actualités, puisque la déforestation, c’est du concret et c’est maintenant, dans un roman bien écrit avec des personnages très attachants. Je me prépare pour l’attente du deuxième tome et j’espère sincèrement qu’ils le sortiront en français.
Je le conseille, point final.
(Et petite anecdote, ce roman et "Forget Tomorrow" ont exactement le même nombre de pages mais ce dernier est plus épais d'un centimètre au moins et difficile à lire sans plier la couverture, alors que chez Bayard, le livre est souple et la reliure très solide, ce qui permet une lecture confortable sans abîmer son livre, à bon entendeur...)



Surprenant et addictif



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