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6 février 2016

Critique #31 : 10 sur l'échelle de Richter — Mais je n'ai rien senti...


10 sur l'échelle de Richter

MIKE MCQUAY (sur une idée d'ARTHUR C. CLARKE)

J'ai Lu, 18 avril 2001

Amazon / Booknode


2024. La couche d'ozone est détruite, un nuage radioactif plane sur l'atmosphère. La moitié du monde est sous la domination des extrémistes musulmans, l'autre entre les mains des capitalistes. Dans les rues de Los Angeles et de San Francisco, la drogue et les implants sont en vente libre. Mais le danger qui menace la Californie est vieux comme le monde : les tremblements de terre... Un homme seul a décidé de consacrer sa vie à l'étude de ces catastrophes naturelles : Lewis Crane, survivant du séisme dévastateur de Northridge qui, en 1994, a décimé les siens. Brillant scientifique, il a découvert le moyen de prévoir avec précision la date et l'endroit où la terre va trembler : le Big One, un séisme de force 10 sur l'échelle de Richter.




J’ai déjà lu plusieurs romans d’Arthur C. Clarke : « Les chants de la terre lointaine » et les deux premières odyssées, j’ai vraiment adoré, totalement conquise. Je suis tombée sur celui-ci un peu par hasard et je me suis laisser tenter. C’est rare les romans qui parlent du « Big One » et quand en plus ça sort du cerveau de Clarke, ça donne vraiment envie, même si ce n’est pas écrit par lui…

Avant de commencer cette critique, je dois d’abord mettre les choses à plat. Comme vous avez pu le lire un peu plus haut, j’ai abandonné le roman, à la moitié. Soit au chapitre 8. Ça m’arrive très très très rarement, mais ça m’arrive quand même, et en raison de cet abandon, j’ai préféré ne pas mettre de note, parce que ce ne serait pas juste. Mais je vais m’atteler à vous expliquer tous ces éléments qui m’ont tellement déplu que j’ai décidé d’avorter ma lecture.

Je dois dire que c’était bien parti au début. Le récit est au passé, à la troisième personne et globalement centré sur Lewis Crane. Un scientifique complètement taré à la limite du sociopathe et qui n’a pas digéré le traumatisme de perdre ses deux parents dans un tremblement de terre lorsqu'il était petit. Franchement, il aurait suivi une psychothérapie en règle, il serait peut-être devenu mathématicien ou professeur de géographie et il aurait surement eu une meilleure vie, enfin peut-être
Ce n'est pas un personnage spécialement attachant mais tellement intelligent qu’il en devient intriguant. D’autant qu’il est accompagné de deux proches collaborateurs déjà un peu plus accessibles : Daniel Newcombe, son génialissime assistant avec une vraie conscience et des scrupules, et Elena King, la petit-amie de Newcombe, très soucieuse de sa carrière.
Newcombe était attachant jusqu’à un certain point, que j’expliciterai plus bas, et Elena… bah, pour ce que j’ai pu lire en sa compagnie, il n’y a pas grand-chose à dire.
Il y a bien d’autres personnages autour, mais essentiellement des chefs d’états, de partis politiques, de milices et d’autres trucs pseudo-gouvernementaux qui ne m’ont pas franchement emballée.
Mais le truc qui m’a véritablement fait décrocher, c’est l’aspect très politicien du livre. En fait, 15% de ce que j’ai pu lire concerne vraiment les tremblements de terre et la recherche, et le reste, ce n’est que manœuvres politiques et complots d’ordre religieux. Il y est constamment question de vote pour les élections, de guerres liées à un culte ou à l’autre, de terrorisme, de pots-de-vin… et ça m’a ennuyé au possible. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais et après avoir passé tout un chapitre à lire une très longue conversation (entre Newcombe et un leader religieux) sur : Comment l’homme blanc est devenu perfide et comment tel ou tel dieu est bienveillant mais surtout, qu’il est impossible de prédire les tremblements de terre parce que c’est la volonté de tel ou tel autre divinité… Je ne pouvais tout simplement pas continuer.
Je dis cela avec toute la neutralité qu’il m’est possible d’avoir, le plus important pour moi, c’est que je ne pensais pas que le roman partirait sur ce genre de débat, j’attendais quelque chose de beaucoup plus « scientifique », à défaut d’un autre terme. Je rêvais d’équations ardues et d’ordinateurs surpuissants, de séismes, de tsunamis et de volcans en éruption.



On zappe les colonnes parce que là, elles n’ont pas lieu d’être.
Mais pour résumer, je dirais que c’est un roman qui est plutôt axé sur la « fourberie humaine » plutôt que sur la découverte scientifique à proprement parler. Et finalement, le sujet principal devient très vite une excuse à une nouvelle sorte de guerre, même si je serais incapable d’en dire plus, faute de l’avoir fini.
Donc, si vous aimez plutôt l’aspect humain et politique, vous serez servi. Autrement, pour le « Big One », on est loin, très loin.



Pas pour moi...



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