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11 février 2016

Critique #33 : The Revolution of Ivy — Révolution, il n'en a que le nom...


The Revolution of Ivy
(The Book of Ivy #2)

AMY ENGEL

Lumen, 5 novembre 2015

Amazon / Booknode


J'AI TOUT PERDU. MON FOYER. MA FAMILLE. L'HOMME QUE J'AIME.

Ce serait si facile de capituler, de fermer les yeux et d’attendre que la faim et la soif aient raison de moi. Ou bien qu’une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant… Mais je refuse d’abandonner. J’en ai terminé avec la lâcheté. Il est temps pour moi d’agir, enfin.

Bishop me l’avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c’est encore pire. L’hiver approche, et si je veux survivre, il va me falloir trouver de l’eau, des vivres, un abri. D’autres condamnés avec lesquels m’allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d’avant, me venger de ceux qui m’ont trahie… ou mener, purement et simplement, la révolution ?

CAR JE NE SUIS PLUS UNE WESTFALL, NI UNE LATTIMER. SIMPLEMENT IVY. ET JE SUIS ENFIN LIBRE.




Attention : Comme pour toutes les critiques de suite, les paragraphes qui suivent peuvent comporter des spoilers, uniquement pour les personnes n'ayant pas lu le premier tome. Pour les autres, pas de panique, je n'ai rien mis de compromettant.

Je ne vais pas vous mentir, pour ce qui est de cette séquelle, j’ai attendu un petit moment avant de rédiger ma critique. J’étais très impatiente de lire cette suite mais j’avoue que j’en ai terminé la lecture avec beaucoup d’amertume. Alors j’ai laissé passer quelques temps et je l’ai relu une nouvelle fois, malheureusement le constat est le même.

Commençons par le commencement.
Le roman débute directement après la fin du premier tome. Pour se remettre dans le contexte : Ivy a été accusée de tentative d’assassinat et a été expulsée au-delà de la barrière.

Je pensais que ce serait l’occasion de s’appesantir un peu plus sur le contexte historique de l’histoire, mais non, pas du tout. On quitte Westfall, oui, mais on ne va pas très loin, et pour pas grand-chose finalement.
Dès le début il n’est question que de la survie d’Ivy dans ce monde post-apocalyptique, et c’est plutôt mal barré, à première vue. Je trouve ça logique bien sûr et cette partie est assez bien fichue d’ailleurs.
On retrouve très rapidement un personnage qu’on aurait préféré ne pas revoir, Mark, et oui, c’est vrai, il vraiment timbré et dangereux, mais il s’avère être la seule vraie menace dans ce monde inconnu pour Ivy, puisqu’après, elle finit par rencontrer des survivants et ma foi, ça ne se passe pas si mal que ça en fait.
Et pour l’extérieur, ça s’arrête là. On n’a tout simplement aucun élément contextuel, que dalle ! Moi qui m’attendais à un peu d’enrobage sur ce point, j’ai été très déçue. Le déroulement du roman est globalement simpliste et expéditif, le livre en lui-même est d’ailleurs ridiculement court. Grossit de manière artificielle avec des pages épaisses et une police d’écriture imposante, mais en réalité, il se lit rapidement et quelque part, on peut dire qu’il ne tourne vraiment pas autour du pot, ce qui en contentera plus d’un, j’en suis sure.

Au niveau des personnages, il n’y a pas de grande surprise.
Ivy m’est beaucoup moins sympathique sur ce tome parce qu’elle plombe les trois quarts du livre (déjà très court) avec ses interrogations et peurs profondes… Elle finit par reprendre le dessus et réagir mais finalement, elle reste encore dans la position de celle qui subit plus qu’elle n’agit.
Bishop, en revanche, est beaucoup plus actif et réactif même. Il a un peu plus les pieds sur terre et il est aussi plus couillu, passez-moi l’expression. Ça en fait un personnage naturellement plus attirant.
Bon, on n’échappe pas à Mark, le Terminator, l’increvable, he will be back tellement souvent que ça devient ridicule et au bout d’un moment, j’avais moi-même envie de prendre le couteau et d’en finir avec lui. Du coup, ça casse complètement l’introduction de nouveaux personnages qui sont pourtant assez attachants à leur niveau.

Mais le pire du pire, c’est la fin. Pour moi, c’est l’une des pires fins que j’ai eu l’occasion de lire. Expéditive au possible et sans saveur. Car elle n’apporte finalement aucune véritable explication et encore moins de proposition. Je rappelle qu’on se trouve dans un contexte dystopique qui est donc, par définition, tout le contraire d’une utopie. Alors j’avais supposé qu’on verrait à la fin un petit bout de ciel bleu (métaphore moisie, j’avoue, je n'étais pas inspirée), signe que les choses tendaient à évoluer et les gens à s’interroger et à se remettre en question. Mais on ne peut pas dire que ce soit le cas. Enfin bon, si, ça se termine bien, évidemment, c’était super prévisible, mais du coup, une fin un peu plus travaillée, c’était le minimum quand même…



— C’est bien écrit (?)

— Un roman qui piétine un peu et qui est très court.

— Un seul personnage, Mark, qui devient le grand méchant du livre, presque par hasard.

— Aucun suspense, aucune surprise et une fin particulièrement expéditive.

— Je n’ai pas eu l’impression de lire une dystopie…

— J’ai dit que c’était expéditif ?


J’admets que j’ai laissé ma déception guider entièrement cette critique, mais je déteste chipoter, surtout quand je suis extrêmement déçue par un livre.
Pour moi, cette suite est l’exemple typique d’une dystopie qui n’en a que le nom, rédigée sur le feu, à la va-vite et sans un minimum de réflexion sur l’univers dans lequel elle se déroule. Il n’y a que la romance, pour laquelle l’aspect dystopique sert d’ailleurs d’excuse. J’adore les romances, hein, mais là, bon… ça n’était pas suffisant pour entretenir la flamme.
J’avais peur que ça se passe comme ça à la fin du premier tome, et je suis au final très déçue. Dans le fond, ce n'est pas un mauvais livre, il est bien écrit et rythmé, donc ça reste une lecture fluide et agréable, mais il n’a d’intérêt que pour l’histoire d'amour passionnée entre Ivy et Bishop. Ça aurait pu être plus grand que ça, plus impressionnant encore.
Et puis mince ! Dans le genre et sur ce thème, il a vraiment beaucoup mieux !



Un Big Mac Dystopie à emporter…



3 commentaires:

  1. J'ai lu le premier tome et j'avais bien envie de lire la suite... Mais du coup ce ne sera pas une priorité ;) !

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    1. Oui, c'est clair que ce n'est pas une suite exceptionnelle, loin de là, et c'est dommage parce que ça avait si bien commencé...
      En plus, comme c'est la première série de l'auteure, ça donne pas forcément envie de s'intéresser à ses futurs travaux... ou du moins, à reculons...

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  2. J'ai bien aimé cette suite juste pour revoir Bishop et Ivy. J'aurai aimé que la partie révolution soit plus mise en avant, pas autant en retrait, tout comme la fin soit plus développé!

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