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8 avril 2016

Critique #47 : Le maître du jeu — Une très bonne surprise !


Le maître du jeu
(Le maître du jeu #1)

JAMES DASHNER

Pocket Jeunesse, 17 mars 2016

Amazon / Booknode


Quand le quotidien est sans intérêt, que les rêves n'existent plus, il reste la réalité virtuelle : comme la plupart des jeunes de son âge, Michael passe son temps sur le VirtNet, une plateforme tentaculaire à mi-chemin entre un jeu vidéo et un réseau social. Relié au serveur par des fils sensoriels, son cerveau baigne dans cet univers parallèle. Mais quand une série de suicides – bien réels, ceux-là – intervient dans le cadre du jeu, Michael et ses amis hackers doivent se rendre à l'évidence, effrayante. L'intelligence artificielle aurait-elle pris le pas sur la réalité ?




J’en avais l’eau à la bouche juste en le voyant dans le rayon, sagement aligné entre d’autres romans du même genre. Autant je n’ai pas aimé Le labyrinthe, et je n’étais pas super intriguée par le résumé, autant là, l’auteur touche à un thème que j’adore particulièrement et il y a finalement trop peu de romans, YA en tout cas, qui reprennent ce thème, en dehors de l’excellentissime « Player One » d’Ernest Cline. Donc, je me lance.

Le style est classique mais fonctionne très bien, sans fioritures. L’histoire est racontée à la troisième personne, au passé simple et centrée sur Michael. Je n’ai pas de remarque spécifique à ce sujet si ce n’est que je me suis très vite plongée dans l’histoire.

Michael est un joueur invétéré plus intéressé par ses points de jeu que par sa vie. Sa vraie vie : le lycée, ses parents, etc. Il est un peu froid au début, d’autant plus que le roman commence par une scène très forte, mais dévoile très vite une personnalité plus riche. Il est curieux, intelligent, loyal et naïf juste ce qu’il faut. Ses parents sont riches, il vit d’ailleurs dans un appartement luxueux avec une bonne, et dispose de tout le matériel nécessaire (et cher) pour une bonne immersion vidéo-ludique. J’aime beaucoup ce héro, j’ai tout de suite accroché d’autant que j’ai déjà vécu ce besoin irrésistible de passer toute la journée sur un très bon jeu vidéo particulièrement immersif. Je le trouve très attachant et j’ai suivi ses mésaventures avec délectation.
* Petit aparté *
En ce moment, je joue à Oblivion, troisième épisode de la série The Elder Scrolls. Un vrai suicide social tant il est chronophage mais qu’est-ce qu’il est génial…
* Fin de l’aparté *
Michael fonctionne en trio de choc avec Bryson et Sarah. Le premier est un équivalent de meilleur ami tout aussi intello, spécialisé dans le décryptage de code et un poil beau gosse, d’après son avatar. Ah ah !
Quant à la deuxième, elle est plus posée et tâche surtout de raisonner nos deux ados accros au jeu. Bien sûr, Sarah est tout autant accro au jeu vidéo mais elle essaye toujours d’apporter un jugement calme, méthodique et sait faire preuve de beaucoup de courage et d’investissement.
Ces trois-là forment un trio convainquant et compatible. Je trouve que ça marche super bien déjà dès le début mais avec toutes les aventures qu’ils vont vivre, c’est d’autant plus vrai.
Ah, et il y a un grand méchant. Kaine. Il met du temps à dévoiler son jeu, enfin, une partie de son jeu mais je dirais qu’il se comporte comme ce qu’il est. Point.

Le début du roman est un peu abrupte et on se retrouve très vite à négocier avec tout un tas de notions techniques et de termes étranges qu’il faut s’approprier rapidement. Cela étant, ça paraît un peu long à démarrer, le temps que les choses se mettent en place et puis ça décolle tout à coup, sans jamais plus retomber. En fait, c’est de mieux en mieux au fur et à mesure des pages. Chose assez rare pour être soulignée.
La fin est excellente, et sincèrement, absolument imprévisible. Ou alors je l’ai lu quand j’étais trop fatiguée pour voir les signes. Quoi qu’il en soit, c’est une très bonne fin, avec un suspense intenable et qui nous fait douter de tout, sans pour autant partir dans le même délire auquel l’auteur nous avait habitués avec « Le labyrinthe ». C’est beaucoup moins fouillis et tellement mieux maîtrisé.



— Le trio de personnages principaux.

— L’histoire.

— Le style, on retrouve la patte de l’auteur, mais en mieux.

— La fin. Parfaite.

— Démarrage abrupte et pourtant un petit peu long à démarrer, mais une fois que c’est parti, c’est parti !


Ce roman est un condensé de très bonnes idées, pas forcément les plus originales, mais il a le mérite de dépoussiérer certains thèmes ; comme les I.A. ou encore la distinction entre réel et virtuel, et ça colle très très bien avec le style de l’auteur. Il n’y a plus qu’à se laisser embarqué par Michael et ses deux compères dans une histoire complètement dingue où on ne sait plus à qui faire confiance… *sourire pervers*
Je conseille : parce que très bonne dystopie, avec un fort accent thriller bienvenu, avec des personnages super et un final qui transforme en doux calvaire l’attente pour le deuxième tome.

PS : Vous avez vu ? Je n'ai pas parlé de romance. Tout simplement parce qu'il n'en est quasiment pas question ici, et je trouve que ce n'est pas plus mal parce que ça permet de mieux se concentrer sur ce début d'histoire, assez tordu tout de même. En revanche, la fin laisse supposer quelque chose de plus approfondi dans le deuxième tome. Moi qui suis adepte des histoires d'amour dans les livres Jeunes Adultes, je dois dire qu'ici, ça ne m'a pas dérangée plus que ça.



Un récit palpitant qui se détache du YA classique



2 commentaires:

  1. Après ta chronique de The Scorpion Rules où tu n'as pas accroché et moi si, je relis celle-ci et me rend compte une nouvelle fois que nos avis divergent, et pourtant, je comprend encore une fois par ta chronique pourquoi tu as apprécié ce livre. Pourtant, ça ne l'a pas fait du tout avec moi et je n'en pouvais plus en voyant que je n'avançais pas dans ma lecture ! Le plus fort selon moi, en te lisant, que tes points forts et points faibles soient inversés pour moi (outre le style de l'auteur) ;) Comme quoi les goûts...

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    1. Lol, oui, il y a toujours mille et une façons de percevoir un livre, le principal étant que chacun y trouve son compte ;)
      J'ai vraiment beaucoup accroché sur ce livre, j’espérais mieux que la première trilogie de l'auteur, et j'ai eu ce que je voulais =D
      En espérant que la suite soit tout aussi bonne, mais je ne voudrais pas faire la mauvaise langue :P

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