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17 avril 2016

Critique #53 : Stormdancer — Ça décoiffe... après un certain point


Stormdancer
(La guerre du lotus #1)

JAY KRISTOFF

Bragelonne, 17 septembre 2014

Amazon / Booknode


On disait éteinte la race des griffons, ces créatures mythiques menées par les danseurs d’orage. Pourtant, Yukiko et son père reçoivent l’ordre d’en capturer un pour le cruel shogun des îles de Shima. Contre toute attente, ils y parviennent, mais Yukiko se retrouve perdue dans une forêt sauvage, avec pour seule compagnie un griffon mutilé qu’elle nomme Buruu. Unis dans l’adversité, la jeune fille et l’animal s’entraident. Yukiko serait-elle la véritable danseuse d’orage, ultime espoir du peuple ?




Je lis rarement ce type d’histoire, je ne suis pas une grande fan de fantasy, mais ce qui m’attire dans ce récit, c’est le fort aspect mythologique qui semble se dégager du roman, en tout cas, il a piqué ma curiosité, et même si je ne sais pas à quoi m’attendre, je n’ai qu’une hâte, c’est de découvrir cette histoire !

« Stormdancer » est un roman au passé avec une narration à plusieurs voix. J’ai eu un peu de mal à bien situer chaque personnage à chaque fois qu’on changeait de narrateur, mais j’ai fini par prendre mes marques, après un certain temps, cela dit.

Yukiko, l’héroïne, est une jeune combattante émérite du clan du Renard. Froide, austère et indépendante, elle tente tant bien que mal de mener à bien les missions qu’on lui confie et de veiller sur son père, un alcoolique patenté. Elle est épaulée par deux comparses, Akihito et Kasumi, petit groupe envoyé sur ordre du Shogun pour trouver le dernier griffon encore en vie. J’ai eu un peu de mal avec Yukiko, et pour tout vous dire, à la fin du roman, je ne l’appréciais pas davantage. Ce personnage ne me parle pas, même si j’admire sa détermination et sa force, surtout. C’est juste que je trouve qu’elle est trop distante et trop froide. À côté, Buruu, une créature légendaire je le rappelle, est un vrai boute-en-train. C’est d’ailleurs beaucoup plus facile, je trouve, de s’attacher à ce griffon qu’à sa… euh, maîtresse ? Mais ne dites à Buruu que j’ai employé ce terme sinon il risquerait de me faire griller comme une veille saucisse, ou une vieille brochette de porc, pour rester dans le thème.
Le reste du petit groupe m’a malheureusement laissée perplexe. Le père, Masaru, n’est pas très présent, en dehors du début et de la fin, ce qui ne laisse pas beaucoup de temps pour se faire un jugement. Et les deux autres larrons : Akihito et Kasumi, ne sont pas non plus d’une présence divine, au point que j’ai lu machinalement les passages avec ces personnages.
En revanche, Kin, le lotusien amoureux transi, est déjà plus intéressant. Plus intriguant même, parce que mine de rien, il possède un certain pouvoir sur les évènements et j’ai beaucoup apprécié ce fait.
Ah ! Et puis il y a aussi un personnage qui a le droit son petit quart d’heure de gloire, c’est Hiro, l’ambitieux amant, qui, après toute sa prestation, m’a plutôt fait rire, allez savoir… Mais c’est vrai que ça sentait le sapin depuis le début.
Globalement, vis-à-vis des personnages, je ne m’y retrouve pas, en dehors de Buruu, qui a une personnalité des plus surprenantes pour un Tigre de foudre et qui m’a bien fait rire. Sans parler de son air solennel et de son langage en mode Yoda.

L’histoire est intéressante et très dense, mais j’ai été noyée dès le début par une avalanche de descriptions imbriquées dans des phrases sans fin et qui, malheureusement, se résumait presque toutes à la même chose : pollution, lotus rouge, vapeurs rouges, famine, maladie et pauvreté. À chaque chapitre, plusieurs fois, et au bout d’un moment, c’est devenu insupportable pour moi.
Cela étant, j’ai adoré l’intrigue et son déroulement. Malgré les descriptions à revendre, on a le droit à des combats épiques qui donnent tout son sens au roman. Et j’avoue que j’étais tellement noyée dans ces fameuses descriptions que les combats m’ont paru encore plus impressionnants. Comme une grande bouffée d’air frais après avoir passé un long moment dans un sauna. Oui, je sais, je suis nulle en comparaison.



— Buruu.

— L’empereur mégalo. Méchamment pathétique.

— Les combats à dos de griffon.

— Un univers fantasy riche et enivrant.

— Surabondance de descriptions qui, à mon sens, nuisent à la fluidité du récit.

— Beaucoup de personnages à suivre sans que le lecteur puisse réellement se les approprier.

— Qui dit univers d'inspiration japonaise, dit petits mots empruntés à la langue qui font terriblement kitch.


Et voilà, encore un dilemme. Avec ce roman, il y a des choses que j’ai adorées et d’autres que j’ai vraiment détestées. Je me suis facilement laissée transportée dans l’univers même si c’était plus dur à certains moments qu’à d’autres, et j’ai été très surprise de voir à quel point le personnage de Buruu était travaillé et attachant. Après, l’héroïne ne transcende pas le genre et le récit souffre réellement des nombreuses descriptions. N’empêche que ça reste surprenant et intriguant. Je ne sais pas si je lirais le deuxième tome à cause des points négatifs que j’ai cités plus haut, mais je le conseille pour ceux que les longues phases descriptives ne font pas fuir, et pour l’univers original.



Captivant mais un peu lourd



1 commentaire:

  1. Je compte bientôt lire celui-ci, en espérant ne pas être déçue.. Car les choses négatives que tu as pointées, risque de me rebuter =/

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