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24 juin 2016

Critique #79 : L'épée de la Providence — Un Sorceleur désabusé et une princesse en fuite


L'épée de la Providence
(Sorceleur #2)

ANDRZEJ SAPKOWSKI

Milady, 20 mai 2011

Amazon / Booknode


Geralt de Riv, le mutant aux cheveux d'albâtre, n'en a pas fini avec sa vie errante de tueur de monstres légendaires. Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs et à l'enseignement qui lui a été prodigué, Geralt assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l'espoir. Mais la rencontre avec la petite Ciri, l'Enfant élue, va donner un sens nouveau à l'existence de ce héros solitaire. Geralt cessera-t-il enfin de fuir devant la mort pour affronter la providence et percer à jour son véritable destin ?




Particulièrement emballée après tout ce que j’avais appris dans le premier recueil de nouvelles (et très très curieuse), j’ai donc continué avec le deuxième recueil. Ce deuxième livre fait la jonction directe avec « Le sang des elfes » que, je le rappelle, j’ai eu la bonne idée de lire avant les nouvelles… Quoi qu’il en soit, c’était très bon, un peu plus brouillon que son prédécesseur, mais quand même très bon.

Ce deuxième recueil met indéniablement le lecteur à l’épreuve, avec une construction plus chaotique et plus ardue. Cela étant, (et je dis ça parce que j’en suis aujourd’hui au sixième tome) c’est une manie chez M. Sapkowski ; de mélanger joyeusement présent, passé, futur, personnages, lieux, conjonctures… Du coup, je trouve ce recueil très instructif sur ce point. Mais il faut aimer.

Ces nouvelles sont un peu moins portées sur Geralt, même si ça reste bien sûr le personnage phare, central, le pivot.
Notre Sorceleur continue donc de lutter, en vain, contre le destin qui semble s’acharner autour de sa petite personne. Et tout en tentant, en vain bis, de ne pas se mêler aux affaires humaines, ou non-humaines d’ailleurs, il va rencontrer ou retrouver de nombreux compagnons de route durant ses aventures.
On découvre ainsi Yarpen, un nain mercenaire au vocabulaire fleuri, assez attachant, même si c’est un personnage qu’on ne revoit plus trop après. Mais l’individu ne vous laissera pas de marbre et m’a arrachée plusieurs fous rires.
Jaskier est toujours de la partie, fidèle à lui-même et… mince, pour lui, ça se passe de commentaire : poésie, buvette, jeune fille et promesse d’aventure.
Je m’attendais à ce que Yennefer soit là.
Elle est là.
Bon.
Tant pis.
Ses passages sont longs et un peu indigestes pour moi, parce que je ne l’apprécie pas plus que ça. Mais bon, elle est liée à Geralt, que je le veuille ou non. Elle fait partie intégrante de la vie de Geralt mais vient tout de même pourrir un peu le tableau à mes yeux. Je préfère de loin Triss... dont je parlerais un peu plus au tome suivant.
Et puis bien sûr, cette Petite Morveuse de Ciri fait une entrée fracassante dans la vie du Sorceleur. Elle est mal élevée, hautaine, terrifiée et bornée. Mais sur ce dernier point, elle ressemble beaucoup à Geralt. Et puis on apprend enfin concrètement comment sa vie se retrouve irrémédiablement liée à celle de Geralt.

J’ai encore beaucoup ri avec ce livre. Il y a pas mal d’humour dans les récits et c’est vraiment très agréable, ça aide à se mettre dans le bain.
L’éloquence des nains n’a d’égale que la luxure de Jaskier… et ils sont vraiment très imaginatifs en matière d’insulte. Ah ah !
J’ai eu, en revanche, plus de mal avec les différents événements qu’il faut resituer pour reconstituer une trame à peu près logique. J’ai été un poil larguée, plus d’une fois, mais à la fin j’ai quand même réussi à m’y retrouver. Par contre, c’est plus clair avec la lecture du « Sang des elfes »… enfin, l’un ne va pas sans l’autre, et vice versa.
On sent tout de suite que c’est une saga à prendre dans son intégralité, et qu’on ne comprend vraiment totalement qu’à la toute fin.



— Encore beaucoup d’humour et de personnages attachants.

— Et aussi des créatures mythiques ou enchanteresses…

— On ne se lasse pas de cette plume, riche et addictive.

— Une vraie petite peste cette Ciri. ^^

— Une construction bien moins accessible que le premier recueil.


J’ai beaucoup aimé cette lecture même si, comme je l’ai dit plus haut, j’ai eu un peu plus de mal à la prendre dans son ensemble. Certaines nouvelles sont sympathiques mais pas forcément pertinentes pour l’histoire, et d’autres sont tout bonnement indispensables et excellentes. Je reste séduite et conquise, parce que l’ambiance y est, de même que la qualité indéniable du style, et j’ai hâte d’embrayer avec la suite !



De qualité mais un peu plus brouillon



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