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4 septembre 2016

Critique #98 : Crash — À la fin, c'est quoi le score ?


Crash
(The Game #3)

EVE SILVER

Katherine Tegen Books, 9 juin 2015
Uniquement disponible en anglais

Amazon / Booknode


As her dad and best friend lie dying in the hospital, Miki is almost certain the Committee is trying to sabotage her life.
The Game is glitching. The missions are more frequent, the alien Drau more deadly, and whatever has been tracking her thoughts more intrusive. The only thing holding Miki together is her boyfriend, Jackson, but somehow telling him how much she needs—and loves—him feels like the most terrifying challenge of all.
Can Miki and Jackson make it through the final mission alive and win the Game before the walls between their alien-fighting nightmares and the real world come crashing down ? Or will the world and everyone Miki loves disappear forever ?




Attention : Comme pour toutes les critiques de suite, les paragraphes qui suivent peuvent comporter des spoilers, uniquement pour les personnes n'ayant pas lu le tome précédent. Pour les autres, pas de panique, je n'ai rien mis de compromettant.

Dans la foulée du deuxième tome, qui ne m’avait franchement pas impressionnée outre mesure, je me suis penchée sur le dernier livre. J’admets que j’avais plus envie de savoir si mes théories étaient exactes qu’autre chose.
Hourra ! J’avais deviné juste ! Bon, par contre, pour le reste, ce n’est toujours pas ça. Et ça partait pourtant vraiment bien, mais c’est vite retombé comme un soufflé raté et je me suis retrouvée avec des situations absurdes et une fin d’une rare médiocrité. Comment peut-on partir avec une idée aussi punchy, et finir comme ça ? Je me le demande…

Comme je l’ai dit, ce dernier tome commence sur les chapeaux de roues. Les personnages soulèvent les bonnes questions, ça bouge franchement et concrètement, ça a complètement réveillé mon intérêt. Malheureusement, et très vite, les lenteurs finissent par revenir et ce n’est pas les personnages qui aident.

Miki semble un peu plus résolue ici. Certes, son côté obsessionnel est toujours là pour venir embêter le monde mais on dirait bien qu’elle commence à le contrôler un peu mieux, sans ironie. Elle arrive à se montrer à la fois mature et indépendante, tout en étant parfois profondément puérile et naïve. Je ne sais jamais sur quel pied danser avec elle et j’ai encore eu le droit à ses habituelles séances de lamentations dont je me serais bien passée. Malgré tout, elle va jusqu’au bout des choses et j’apprécie ce fait.
Jackson, qui n’a jamais été un personnage que j’appréciais énormément mais qui restait correct, est loin derrière Miki dans cette fin. Il subit. Même s’il apporte son aide à notre héroïne, j’ai trouvé qu’il avait perdu beaucoup de sa présence ici. Probablement aussi à cause d’une certaine personne revenue des enfers, si je puis dire.
Leur relation n’évolue finalement pas tant que ça, ce qui est un peu dommage étant donné que c’est tout de même un point important que l’auteure avait amené dès le début de l’histoire.
Quant aux autres personnages, ils se sont inscrits au Club des Protagonistes Anonymes avec en thème pour leur première réunion : « Youhou, je suis là ! »
Mention spéciale Mouchoir Jetable pour le traitement réservé à ce pauvre Luka. C’était le pompon et totalement inutile. Quel gâchis !
Et il va de même pour le père de Miki, pour lequel les choses progressent à peine alors qu’il avait été bien plus présent dans le deuxième tome. Et je ne parle même pas des concepteurs du Jeu…
Pour moi, au niveau des personnages, c’est purement et simplement du grand n’importe quoi.

L’histoire, qui démarrait plutôt bien, s’est vite transformée en prise de tête pseudo-quantique dont l’issue semblait déjà toute tracée.
En réalité, c’est pire. Bien pire.
L’idée quantique m’a tout de suite plu, clairement. J’ai adoré et je n’avais pas anticipé quelque chose d’aussi cool. Le problème, c’est que c’est à peu près le seul élément vraiment sympa, et il est vite délaissé au profit de préoccupations plus terre-à-terre et moins passionnantes.
Les choses traînent en longueur sur une large partie centrale du roman et puis, tout à coup, les évènements s’enchaînent et les révélations tombent comme des feuilles mortes. J’ai bien aimé la façon dont Miki contrecarrait le système et je m’attendais à une fin magistrale.
Problème : la fin n’est pas magistrale, loin de là. Elle est ennuyeuse, très facile, trop courte et absolument superficielle. Le temps d’un claquement de doigts, tout est fini, du moins pour le lecteur, parce que pour Miki, c’est une fin ouverte comme jamais. J’ai rarement vu ça et je ne peux pas cautionner. Impossible.



— J’ai plutôt bien aimé la façon de penser de Miki.

— Et j’ai apprécié l’intervention de Grande Sœur.

— Une thématique au final à peine exploitée.

— Une fin ? NON !

— Pas de réelle évolution chez les personnages.


Que dire ?
Je suis tellement frustrée à la fin de ce livre que je regrette ma lecture. L’auteure ne prend aucun risque et amène deux ou trois éléments de science-fiction qui sont touchés du doigt, tout au plus, et vite relayés au second plan. Les personnages continuent de porter l’histoire mais péniblement. Et tout cela se termine très vilainement, sans la moindre étincelle.

Déçue par cette trilogie dont la qualité baisse à chaque livre, le concept est survolé et les personnages manquent d’espace, ils ne sont pourtant pas nombreux. L’histoire ne cherche pas à sortir de l’étiquette Jeunesse comme d’autres livres du même genre peuvent le faire (avec beaucoup de succès) et de fait, ça ne m’a pas convaincue.
Je le conseille, pour des lecteurs assez jeunes. Pour les autres, vous pouvez vraiment trouver mieux.



Trop Jeunesse pour moi



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