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30 avril 2017

Critique #177 : Whitechapel ~ Et s'il y avait pire que Jack l'Eventreur ?


Whitechapel
(Mayhem #1)

SARAH PINBOROUGH

Bragelonne, 17 septembre 2014

Amazon / Booknode


Londres, 1888.
Lorsque des cadavres de femmes mutilés sont repêchés dans la Tamise, le médecin-légiste Thomas Bond comprend qu’un second tueur sévit dans les rues de Whitechapel. Or cet assassin paraît plus inhumain que Jack l’Éventreur lui-même. Pour lutter contre ses insomnies, le docteur Bond passe ses nuits dans les fumeries d’opium.
Chaque nuit, un inconnu en noir vient examiner les rêveurs perdus dans les brumes opiacées. Pourrait-il être la clé du chaos qui s’est emparé de la capitale ?




J’ai sélectionné Whitechapel quand j’étais dans ma phase Jack l’Eventreur.
J’ai eu du mal à trouver des romans là-dessus, en français tout du moins. Je cherchais un type de thriller bien spécifique, et j’ai finalement jeté mon dévolu sur ce titre, mais le choix n'était pas extraordinaire… Donc, si vous avez des recommandations sur le sujet, n’hésitez pas ! Je suis preneuse, quel que soit le genre, en anglais ou en français. Et comme j’ai lu très peu de romans sur ce thème, j’ai de la marge !

Malgré un style soigné relativement soutenu, j’ai eu un certain mal à rentrer dans l’histoire. On suit Thomas Bond, dans un récit principalement à la première personne et au passé. Le reste des POVs étant à la troisième personne. Il y a un soin indéniable apporté à la description d’une Londres étouffée dans les vapeurs de l’Opium, terrifiée par les agissements d’un sordide serial killer, et de plus en plus divisée par le gouffre entre la population des bas quartiers et celle qui vit dans les secteurs les plus aisés. Sur ce point, c’est très bien fait, mais toutes ces descriptions, bien qu’intéressantes, sont parfois un peu longues, d’où ma difficulté à rentrer dans l’histoire.
Il y a aussi de nombreux aller-retours passé/présent qui peuvent parfois être très déroutants au début.

Thomas Bond est un médecin légiste qui travaille pour la police londonienne. Le roman commence alors qu’il y a déjà eu plusieurs meurtres attribués à Jack l’Eventreur, et Thomas souffre depuis un moment de grosses insomnies et de sa dépendance à l’Opium. Il est rongé, nuit et jour, par la noirceur du mal qui sévit dans les rues mal famées de la capitale. Il m’a fallu un peu de temps pour m’habituer à ce cher Docteur Bond, et même à la fin, je ne suis pas certaine de bien l’avoir cerner. D’abord parce qu’on a pas vraiment d’autres visions de lui que celle d’un homme de science empêtré dans le cercle vicieux de la drogue, et des pensées irrationnelles. Et puis les événements horribles de l’histoire ne permettent pas non plus d’avoir une palette d’émotions très variées. Cela étant, et par rapport à l’ambiance générale du roman, son personnage se fond parfaitement dans le décor.
Concernant les autres protagonistes, j’admets qu’ils sont tout aussi soignés dans leur présentation : mentalité, action, milieu, tout est cohérent avec l’univers du roman. Le problème vient plutôt de la répartition des différents points de vue dans la narration. Les personnages les plus importants quant à l’intrigue principale ne sont pas assez mis en avant, là où on passe de très longs moments dans l’ombre de protagonistes qui n’ont presque aucune emprise sur le récit.

Et en continuant sur cette notion de déséquilibre, la trame du roman souffre du même défaut. La première partie est très longue, très obscure et plutôt policière. Il faut attendre la moitié du livre, et croyez-moi, c’est laborieux, pour avoir les premières touches de fantastique, et les deux tiers, pour plonger dedans complètement.
Toutefois, la partie fantastique est brillante. Sarah Pinborough est allée déterrer dans le folklore du vieux continent un mythe très ancien, très célèbre, mais sous une forme totalement méconnue. L’attente a été longue mais ça en valait la peine, j’ai été conquise à partir de ce moment-là. Le reste du roman est du coup beaucoup plus rythmé et bourré de révélations et de rebondissements, l’alternance entre les personnages se faisant beaucoup plus facilement.
Il n’empêche qu’il y a un véritable fossé entre la première et la deuxième moitié du livre, et ça a bien failli me décourager, je m’y suis reprise à plusieurs fois pour cette lecture. En plus, la fin est particulièrement abrupte, terminer comme ça, c’est très moyen.



— La plume.

— L’univers, l’ambiance.

— Gros problème de rythme d’une partie à l’autre.

— POVs pas très bien répartis.


En prenant du recul, je peux dire que j’ai vraiment apprécié cette lecture malgré les quelques défauts qui alourdissent le roman.
Pour moi, la seconde partie, très fantastique, vaut vraiment le coup, à condition de supporter la très longue mise en bouche et les errances au niveau des personnages. En revanche, je regrette énormément cette fin brutale. Je sais depuis, parce que j’ai fait quelques recherches, qu’il y a un second tome qui reprend certains éléments de l’intrigue du premier pour venir se greffer à une nouvelle trame, mais j’aurais vraiment apprécié un cliffhanger, même hyper tendu, plutôt que ce genre de conclusion.

J’irais bien voir la suite, en VO du coup, parce qu’elle n’est pas sortie en français et, à mon avis, ne sortira jamais en français. Mais peut-être un jour, qui sait…



Brouillon sur la forme mais intéressant sur le fond



2 commentaires:

  1. Une auteure que j'aime beaucoup ! Mais les choses que tu as pointées risquent de me freiner également.. Je le lirai peut-être, mais je ne suis pas pressée.

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    1. Moi j'ai découvert cette auteure avec ce titre et je suis charmée par son imagination, même si le roman est parfois maladroit.
      Enfin... je serais curieuse d'avoir ton ressenti quand tu te laisser tenter. ;)

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