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30 avril 2017

Critique #180 : Departure ~ La question n'est pas de savoir où, mais quand


Departure

A. G. RIDDLE

Auto-édité, 4 décembre 2014
Uniquement disponible en anglais

Amazon / Goodreads


Harper Lane has problems. In a few hours, she'll have to make a decision that will change her life forever. But when her flight from New York to London crash-lands in the English countryside, she discovers that she's made of tougher stuff than she ever imagined.

As Harper and the survivors of Flight 305 struggle to stay alive in the aftermath of the crash, they soon realize that this world is very different from the one they left. Their lives are connected, and some believe they've been brought here for a reason.

In addition to Harper, several other passengers seem to hold clues about why Flight 305 crashed. There's :

Nick Stone, an American on his way to a meeting with The Gibraltar Project, an international group dedicated to building a dam across the Strait of Gibraltar and draining the Mediterranean.

Sabrina Schröder, a German scientist who has unknowingly sealed the fate of half the flight's passengers.

Yul Tan, a Chinese-American computer scientist who has just made the breakthrough of a lifetime : a quantum internet capable of transmitting more data, farther, faster than ever thought possible. His invention, however, does much more than he ever dreamed possible.

With time running out to save the survivors of Flight 305, Harper and Nick race to unravel the conspiracy that crashed their plane. As they put the pieces together, they discover that their decisions have already doomed one world and will soon determine the future of ours.




Ça faisait un petit moment qu’il était dans ma PAL celui-là, je l’avais plusieurs fois repoussé après avoir lu de mauvais avis, et puis finalement, j’ai fini par l’ouvrir pour me faire mon propre avis. Et c’est une vraie surprise. Une excellente découverte !

D’abord, le texte est au présent, à la première personne, en alternant les points de vue des deux personnages principaux : Harper et Nick. J’adore ce genre de narration, je trouve que ça donne une certaine dynamique au récit en général, et c’est le cas ici. C’est très fluide, ça se lit tout seul, les chapitres sont courts et bien découpés de sorte qu’il y a un très bon suspense.
Qui plus est, le niveau d’anglais requis est, selon moi, peu exigeant. J’ai bien recherché quelques termes, mais plus parce que c’étaient des termes techniques bien précis qu’on ne rencontre pas dans n’importe quel roman. Comme pour la plupart des livres en anglais que j’ai pu lire, un niveau intermédiaire devrait être amplement suffisant, histoire d’être bien à l’aise et de ne pas louper un twist.

Nick Stone est un gestionnaire de capital-risque qui s’apprête à rejoindre Londres pour une entrevue professionnelle très importante. On n’apprend son métier que tardivement, parce que c’est intimement lié à l’intrigue principale, et pendant un premier tiers, on ne sait que très peu de choses le concernant. C’est un fin stratège à tendance laconique, forcément, avec le genre de boulot qu’il fait, et ça se ressent très bien dans les chapitres de son point de vue. Nick n’est pas du genre à digresser constamment comme Harper pourrait le faire, la différence de narration est manifeste et c’est super bien fait.
Autrement, Nick est attachant, sur le long terme. Au début, c’est plus une figure d’autorité, plus ou moins calme, et très courageux. Heureusement, parce qu’il va lui en falloir, du courage ! Petit à petit, Nick fait tomber la carapace et devient plus accessible, mais jamais vraiment totalement. J’apprécie beaucoup ce personnage, pour tout ce qu’il peut accomplir et la façon dont l’auteur l’a posé comme pilier dans l’histoire, mais c’est clairement pas le capital humain du récit.
Non, pour le capital humain, il vaut mieux voir avec Harper Lane. Une jeune londonienne fauchée, qui gagne sa vie en écrivant anonymement des biographies pour des personnalités, et dont le rêve est d’écrire de la fiction. Sa tête est constamment en ébullition et regorge d’idées pour la grande série YA qu’elle rêve d’écrire. C’est très agréable de lire ses chapitres, son imagination et son enthousiasme la rendent très attachante, mais c’est à double tranchant, parce que ses introspections peuvent parfois casser un peu la tension du récit, au détriment de l’histoire. Ça se sent surtout au début, dans l’immédiateté du crash, mais après un certain point, le roman part dans une direction bien précise et le décalage se sent moins, alors que Harper ne cesse jamais d’être une grande rêveuse, même lorsque tout est désespéré. Ça doit être pour ça que je l’apprécie autant…
Je me suis posée la question à un moment, parce que les signes étaient là, s’il n’y avait pas comme un p’tit bout de romance de derrière les fagots. Et le roman finit par répondre à cette question, et c’est trop gros pour être spoilé, alors vous verrez bien. Mais c’était géniale, et dans un sens, plus romantique qu’il n’y paraît.
Le fait d’avoir une narration répartie entre Nick et Harper ne permet pas d’avoir pleinement accès aux autres personnages importants de l’histoire, toutefois, les passages sont bien travaillés et leurs interventions pertinentes. Une scientifique allemande qui travaille sur une obscure maladie, un chinois qui a inventé l’internet du futur, un héritier soudainement déshérité par son richissime de père… ces individus vont embarquer pour un vol cauchemardesque et se retrouver, avec nos deux héros, mêlés à quelques chose qui les dépasse de loin mais qui va avoir d’énormes répercussions sur leur futur.

Ce roman contient précisément tout ce que j’aime. De l’action, du suspense, de la science fiction… Je me demande encore comment j’ai fait pour repousser cette lecture aussi longtemps.
Le livre se distingue en trois parties qui, même sans les pages titres, seraient parfaitement perceptibles tant l’histoire est bien pensée. J’ai été agréablement surprise de voir un auteur indépendant amener une trame aussi riche, aussi recherchée, tout en vulgarisant un peu la chose pour que tous puissent comprendre ce qu’il se passe. On sent le passionné derrière les pages et ça donne un foutu cachet à l’ensemble.
En plus, la fin est très complète, ne manque pas d’explications et laisse, juste ce qu’il faut, place à l’imagination. Quand j’ai refermé le roman, j’étais super excitée et j’ai passé un long moment à extrapoler, imaginer, rêvasser… au point de saouler royalement mon entourage. Mais c’est pas grave, parce que c’était trop bon !



— Les deux héros avec une préférence pour Harper.

— L’idée de départ et toutes ses applications.

— La plume de l’auteur.

— La construction du roman, et la fin.


A. G. Riddle est un auteur avec beaucoup d’imagination et des idées rafraîchissantes. De plus, j’ai découvert récemment son site et j’ai pu voir qu’il aimait aussi jouer avec ses lecteurs, on trouve un tas d’extras sur chacune de ses parutions. Ce qui ne donne pas seulement l’impression d’avoir lu un livre, mais de faire carrément partie de l’aventure. Et j’ai un peu honte, mais je n’ai trouvé qu’un seul easter egg… gloups !

Cette lecture est une petite révélation, une pépite auto-éditée qui fait son gros bonhomme de chemin, surtout grâce à Amazon. J’ai pris un immense plaisir à lire cette histoire et je vais assurément lire tous les autres romans de cet auteur, parce que s’ils sont aussi bien écrits et renseignés, ça doit être… divin !

Je recommande et re-recommande. Je ne comprends même pas que ce ne soit pas disponible en français…



Absolument bluffant !



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